Miss Global beauty Queen France 2017 Pauline Escartefigues



Pour ceux qui viennent de descendre la page et qui se sont rendu compte que c’était très long : Séoul c’était incroyable, j’ai même fini 1er Dauphine (ou 2ème, médaille d’argent, pour les néophytes) ; Romane et moi sommes amis de longue date maintenant (cette vie ne nous rajeunit pas en plus). Vous savez tout, c’était super, je recommande à tout le monde de sauter sur n’importe quelles opportunités.
Bisous.


Pour les autres, les plus curieux : voici ce que j’ai à raconter :


C’est une histoire qui remonte au-delà de mon décollage pour le pays du matin calme.

Elle remonte en 2015, alors que l’association Elégance de Provence organise sa première élection pour un comité français (un de plus, me diriez-vous). Romane, présidente de l’association me propose de faire partie de l’aventure afin de l’aider à créer les chorégraphies, manager les candidates lors du week-end de préparation et le jour de l’élection !

Pause.

Des chorégraphies ?! 

Je tiens à préciser qu’à l’époque les podiums sont pour moi de simples estrades sur lesquelles des filles avec des kilomètres de jambes défilent avec grâce, perchées sur des talons trop hauts pour le commun des mortels. Aussi je faisais partie de ces personnes qui regarde Miss France très sagement tous les ans, tradition oblige, mais sans grande passion. Alors j’ai pris ça pour un jeu, une nouvelle expérience. J’ai pour convictions que toutes nouvelles aventures nous sont, ou seront bénéfiques à un moment (je ne savais pas encore à quel point). Alors, allons-y, improvisons-nous chorégraphe (à noter que je n’avais jamais fait de danse, jamais défilé, jamais posé en photo ; une vraie noob quoi).


Contre toute attente, me prenant au jeu, et regardant de milliers de vidéos d’élections, défilés, chorégraphies en tout genre, le miracle s’est produit. Je ne parle pas seulement des chorégraphies de hauts vols, des effets artistiques incroyables et du rendu parfait (selon toute l’objectivité de ma maman), mais de l’incroyable alchimie qui s’est créée (vraiment contre toute attente) avec Romane.


S’en est alors suivi 2 ans et demi d’amitié, de complicité, et de collaboration entre nous dans la « vraie vie » mais aussi dans la « vie des miss ». Elle présidant et moi devenant officiellement : « Chorégraphe et Responsable Candidates ». Improbable. Je vous assure que si vous aviez vu la petite étudiante en STAPS que j’étais, devant prendre le lead sur des jeunes filles bien (beaucoup) plus habituées que moi au podiums… Et pourtant avec le temps j’ai su prendre ma place plus que confortable et qu’aujourd’hui je ne laisserai pour rien au monde. Vraiment rien.



Je m’égare.


Un jour, un beau jour, et sans transition, comme je viens de le faire, j’ai reçu de la part de Romane : « Tu veux partir à l’international ? ». 

Je…heu…oui ? Je crois, je ne sais pas, quel est ce plan dans lequel elle allait encore m’embarquer ?

« A Séoul » ajoute-elle

« Oui ». me suis-je empresser de répondre.


Séoul, la Corée du Sud, NON MAIS IMAGINEZ-VOUS ? Sachez que je vous parais peut-être niaise à ce moment-là, mais mettez-vous à ma place !

Je me suis longtemps demandé s’il ne fallait pas proposer à d’autre jeunes filles, qui ont participé à plusieurs de nos élections, qui ont au moins une expérience. Puisque moi, j’étais la fille en backstage et me voilà propulsé on stage.


Le stress.


Voire même l’angoisse parfois.


Mais j’ai décidé d’embrasser cette opportunité, de la saisir et d’en faire une nouvelle aventure. Je ne voulais rien regretter. S’en suis alors la demande de passeport, puis la perte du passeport, pour le retrouver à nouveau (dans un aquarium, c’est une autre histoire), des shootings, des essayages… la vie que j’ai encadré pendant les deux années précédentes était à présent la mienne. Le jeu des réseaux sociaux, les test make-up et coiffure (Iso, Marjo vous m’avez tellement manqué pendant cette aventure).

J’ai eu la chance non pas d’avoir non pas l’autorisation de mes enseignants de m’absenter 1 mois, mais leurs encouragements. Et je remercie encore la Faculté des Sciences du Sports de Marseille d’offrir la possibilité à leurs étudiants de vivre leurs propres aventures, liées ou non à leurs études.

Me voilà le 30 septembre à la Gare St Charles direction Paris pour rejoindre Ro, qui à ce moment-là y habitait : quelqu’un a déjà pris le métro parisien avec DEUX VALISES et en est ressorti vivant ? Enfin, le lendemain je m’envole pour Pékin d’abord, puis Séoul. Les vols ne m’angoissent pas (sauf de les rater), au contraire ils m’apaisent : l’histoire raconte même que je me suis endormie au décollage, deux fois.

C’était long, très long, de plus les compagnies chinoises ne diffusent que des films très légers et un p’tit Harry Potter n’aurait pas été de refus ! Alors j’observe les nuages. A l’atterrissage, l’homme assis à coté de moi, un français m’explique que c’est la seconde fois qu’il y va, et qu’il est plus que charmé par ce pays, il me conseille des lieux à visiter, des choses à éviter, et me demande quelle est la raison de ma venue. Encore trop timide pour avouer que je participe à un concours international de Miss, fatiguée et pressée par le tarmac qui se rapproche, j’omet la partie paillettes et explique plutôt que je représente une association française dans un évènement à Séoul (ce qui n’est pas faux).


Séoul. Il fait chaud. Comme à Marseille.


Accueillie comme une princesse par deux jeunes stagiaires qui doivent avoir mon âge. Je discute très rapidement avec eux, le temps que mon bus arrive. Elle, a déjà étudié à Marseille à l’occasion d’un échange universitaire, lui rêve de Paris, eux sont mes premières rencontres.

Dès à présent je suis « France », et alors que le luxueux bus remplis d’hôtesses de l’air, de femmes et d’hommes en costards-cravates m’emmène vers l’hôtel, j’observe ces rues, ces écritures, ces paysages, qui ne ressemble en rien à ce que j’ai déjà vu.


C’est beau.


Le chauffeur se retourne avec un grand sourire : « Miss France, it’s here ! ». Il m’aide à récupérer mes valises. Accueillie de nouveau d’une princesse, on m’accompagne jusqu’à ma chambre, j’y fais la rencontre de Miss Russie, elle est exubérante, chante, on chantera tout le séjour ensemble dans la chambre 614 alors que l’une se maquille, l’autre se coiffe.

Les jours ne se ressemblent pas, les gens sont adorables, les autres filles deviennent des copines, je tisse des liens plus ou moins forts avec certaines d’entre elles… Brésil, Corée, Estonie, Lettonie, Australie.


Des shootings, des répétitions de chorégraphies, des soirées, des galas, des rencontres avec les partenaires, des visites, des journées longues, des nuits courtes, de très bons repas (j’insiste sur ce point, tout était bon ! Je me suis régalée, à tel point que les jours ou mon appétit était plus maigre : « Miss France, are you ok ? »).

J’ai appris des mouvements de Taekwondo, j’ai mangé avec des ministres, fait du mini-golf, j’ai visité des stades olympiques, la DMZ entre le Nord et le Sud, déjeuné avec des militaires, dansé avec des enfants, découvert le curling, fêté des anniversaires de gens qu’une semaine plus tôt, je ne connaissais pas.

Le 16 octobre : pré-judging. La première fois que nous serons jugés. Je ne vous cache pas qu’à la suite de cette journée, l’ambiance ne sera plus la même. Les interviews exclusives, les shootings supplémentaires et les tournages n’aide en rien. Je me sens mal parfois. Ma famille me manque, mes amis aussi. La fatigue y est pour beaucoup.

The final approche. On répète de plus en plus. En costume national, je me sens tellement bien, joyeuse, j’ai un gros jupon, un berret, je m’amuse à le porter (merci à Jacques et Nacera Legarrec de l’avoir confectionné pour moi) ; et dans ma robe de soirée, je me sens femme.


La veille du grand soir est donné un diner des partenaires, chaque fille est appelé sur scène et est invité à prononcer un petit discours : les premières larmes. L’occasion de remercier tout le monde, de dire au revoir, demain sera le dernier jour.

A moins que …?

  

Le jour J est là, on se prépare, se coiffe, se maquille, (enfin j’essaie, ce n’était pas mon fort), on répète une dernière fois, donne quelques interviews pour les médias coréens, on dîne avec certains invités, en fait, on ne dîne presque rien.

Premier passage, on danse, je suis devant, tout se passe bien. Ensuite il est temps de se changer et de mettre notre costume national. C’est le meilleur passage à mon sens, tellement d’énergie. Je fixe la caméra, un coup les juges, un coup la foule, clin d’oeil. Il y a beaucoup de monde, j’imagine mes proches en train de me regarder. Cette pensée me faire sourire. On reste longtemps debout, immobile et en talon. Je suis le numéro 7. C’est un porte-bonheur.

La robe de soirée, je profite de ces derniers instants Lorsque je me retourne, je vois l’écran géant, je ne me reconnais même pas. Un fois toutes les candidates passées. On voit les juges s’agiter, discuter. Ils délibèrent. Ils en profitent pour présenter la Miss Global Beauty Queen 2015 (celle de 2016 n’ayant pu se déplacer), passe quelques dernières vidéos de notre séjour.

La lumière revient sur scène. Les présentateurs prennent à nouveau la parole, les premiers prix sont attribués. Je deviens alors Ambassadrice d’honneur de Kukkiwon ! Qui est le « quartier général du taekwondo », j’y ai cassé une planche en bois avec un coup de pied lors d’une représentation, il semblerait que cela les ait séduits ! Tant mieux, moi je suis fière. Je m’avance pour recevoir mon prix, j’aperçois les couronnes et écharpes du Top 5, je me fais la réflexion que celle de la première dauphine est plus jolie. Comme quoi la vie…


Et maintenant Top 15. Celui qui a été choisi à l’issu du pré-judging.

J’espère y accéder. Sincèrement, après tout je participe à une compétition, alors qui n’espère pas être classer ? Soyons honnête : personne.

Brésil, Venezuela, Australie, Corée, République Tchèque, Peace Korea, Philippines, Thaïlande, Pologne, Vietnam, Lettonie, Cameroun, France (FRANCE dans ma tête c’est dingue, sur la vidéo c’est pire, pour moi j’ai tout gagné), Mexique, Pays-Bas.


C’est étrange d’atteindre son objectif, c’est délicieux, mais passager. Tout un coup, je me rend compte qu’il fait froid, que le tulle de ma robe laisse passer un air frais, on est presque en novembre. La fatigue m’attaque, plus agressive que le froid, mes pieds me font mal.


Ils vont annoncer le top 5, j’ai hâte de savoir, j’ai le mien en tête, majoritairement composé de mes copines, je leur souhaite d’en faire partie ! Moi, je regarde mon petit prix de Top 15 et je me demande ou vais-je le mettre dans mes trop petites valises.

« 4th Runner Up of Miss Global Beauty Queen 2017 is Miss Korea !» Elle s’étonne, elle est à ma droite, je lui glisse un petit mot, c’était l’une de mes grandes copines, toujours en contact avec elle à ce jour, je me souviens de sa jolie bouille à ce moment-là.

« 3th Runner Up of Miss Global Beauty Queen 2017 is Miss Australia ! » Elle sautille, elle n’y croit pas, elle est à ma gauche, je lui dis « Go take your crown ! ». Elle est adorable, ses grands yeux se font encore plus grands, elle n’imaginait pas.

« 2th Runner Up of Miss Global Beauty Queen 2017 is Miss Brasil ! » Trop loin pour moi pour capter sa réaction, ce sont nous les étonnées, elle était notre favorite à toutes. Belle et élégante et très drôle, il ne restait plus que Miss Thaïlande qui pouvait gagner à nos yeux.

« 1th Runner Up of Miss Global Beauty Queen is…… la présentatrice me jette un coup d’œil, me souris, Miss France ! » HEIN !?

Ce soir-là nous sommes sorties en boîte. J’étais sonnée, j’ai rigolé toute la soirée, cette euphorie était délicieuse.

Je suis restée 1 semaine de plus à Séoul avec le Top 5, nous avons fait des shootings, des interviews, des représentations, nous avons dîner dans de beaux restaurants, dans des petits restaurants de rue, on a encore visité, on a beaucoup rigolé, on a perdu la voiture de Serena (Miss Korea), deux fois. On a pleuré, on s’est dit au revoir. J’ai peiné à faire ma valise, je l’ai bouclé, j’ai repris le même bus qu’a l’allé, Londres, Marseille, puis le silence.

Jusqu’à : « Pauline tu ne vas pas laisser tes valises en plein milieu quand même » (ma mère).


Puis, ce mois fabuleux s’effaça si vite. Aujourd’hui ma mémoire me fait défaut, c’était il y a plus de 2ans, je peine à me rappeler de tout ce que j’ai fait, tellement chaque jour étaient fous. Tout était si délicieux que lorsque cela se termine, la dopamine semble aspirer tous les souvenirs, mes souvenirs.

J’ai continué mes études (du moins j’essaie), recommencé à travailler avec Ro, mais cette fois ci, je me sens légitime.


Je rêve depuis tous les jours de m’installer à Séoul, ce n’est pas le titre qui me rend heureuse, je n’en ferai pas ma carrière, mais c’est l’aventure, les gens, les odeurs, le ciel si commun à celui me mon Sud, ces immeubles si haut, cette nourriture si bonne, ces temples entre les buildings, ce calme. Ces matins calmes.


Nous voilà en 2020, je travaille toujours avec Romane et le reste du Staff et partenaires.

De nouvelles jeunes femmes sont venues compléter cette famille, d’autre l’on quitté, certaines sont devenues des amies, des amies pour la vie, d’autre ne sont que de passage, toutes ses jeunes femmes, réunies au-delà des scènes et des shootings, autour de quelques verres de vins ; de discussions sur le monde, sur les collègues de travail de l’une, sur les camarades de classe de l’autres, sur les amours de tout le monde ; et sur nous. Apprenant à nous connaitre, les unes les autres, mais surtout nous-même. Femmes passionnées et femmes fabuleuses, nous attendons les nouvelles le cœur et les bras ouverts.


Alors Romane, c’est grâce à toi. De tout mon cœur : merci pour qui tu es.


Pauline, une chorégraphe, une miss, une amie.